Du crédit à l’économie en neuf mois

Permettez-nous tout d’abord de vous souhaiter une bonne année 2008 ! Traditionnellement, en début d’année, les compteurs sont remis à zéro. Malheureusement ce mécanisme ne vaut pas pour les économistes et, partant, nous doutons que les trimestres à venir apporteront joie et bonheur. A la vérité, nous nous attendons plutôt à traverser quelques turbulences.

La crise du crédit a muté en crise financière et est désormais lentement mais sûrement devenue un problème économique pour les Etats-Unis. Les marchés d’actions qui avaient fait peu de cas de la faiblesse économique émergente pendant l’été paraissent avoir pris une position plus décisive récemment.

Les investisseurs se sont en définitive montrés plus prompts que les analystes en considérant que les estimations des profits actuels des entreprises étaient trop optimistes. Dès lors, les actions et plus spécialement les financières et les cycliques ont été matraquées, là où les valeurs défensives recevaient, elles, une évaluation plus positive.

Par ailleurs, Martin Feldstein, le CEO du Bureau National de la Recherche Economique (l’organisme qui détermine lorsque l’économie bascule dans la récession) a récemment fait état que les probabilités d’une récession aux Etats-Unis dépassaient les 50%. Même avec des d’autres baisses de taux en perspective et le possible incitant fiscal mis en place par l’administration Bush, il se pourrait bien qu’il soit désormais trop tard. Le Secrétaire au Trésor M. Paulson remue ciel et terre pour faire passer son emprunt « Hope Now » au Congrès afin d’éviter « une possible défaillance du marché » puisque les 1,8 millions emprunts subprimes viennent à révision en 2008.

Quoiqu’il en sera, l’économie américaine a commencé l’année sur une note négative avec le volet « produits manufacturés » au sein de l’ISM et avec le rapport sur l’emploi qui, tous deux, ont chuté significativement en deçà des prévisions. Ces mêmes rapports ont même échoué à atteindre le plancher du consensus et mènent l’indice Dow Jones Industrials, en ce début d’année, à son plus bas niveau depuis très très longtemps.

En ce qui concerne le rapport sur le marché du travail, nous avons régulièrement exprimé nos doutes sur la stabilité de la création d’emploi en 2007 principalement parce que la plupart des emplois ont été fictivement créés via le composant « naissance/décès » qui a significativement surestimé la réelle création d’emplois.

En attendant, le secteur économique doit clairement faire face à des prospectives d’un ralentissement économique et entame son basculement vers un mode de compression des coûts. Citigroup ouvre le bal avec une réduction de 33000 suppressions d’emplois et tôt ou tard d’autres vont suivre.

Geert Noels
Economiste en chef de Petercam

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