Du soleil derrière les nuages ?
Dans cette pièce météorologique, le FMI est venu ajouter sa part de douche froide en abaissant ses prévisions de croissance et en indiquant qu’il prévoyait d’avantage de pertes et de soubresauts dans le secteur financier.
Partant du principe que cette institution n’a pas vraiment pour réputation de faire des prévisions à l’emporte-pièce – étant l’un des acteurs les mieux informés du système financier mondial –, nous avons tendance à écouter ce qu’elle a à dire. Du reste, nous avons, en des temps moins chahutés, toujours pris beaucoup d’intérêt à scruter ses analyses financières dont son « Financial Stability Review ».
Ce qu’affirme le FMI n’est pourtant pas le seul nuage qui assombrit l’économie américaine : les indices eux-aussi empirent. Et pas seulement ceux du secteur de la construction qui logiquement subissent les premiers les coups de boutoir de la crise immobilière. Les indices des enquêtes qui auscultent la confiance des consommateurs ont chuté à des niveaux qui sont ceux habituels lors d’une récession.
En Europe, l’économie se maintient plutôt bien en dépit d’un euro fort et de quelques problèmes qui s’amoncellent en Espagne, en Irlande et au Royaume–Uni. L’Allemagne reste le bastion fort de l’économie européenne et continue de profiter de la demande globale. Pourtant le FMI a aussi mis en garde face aux déséquilibres en Europe de l’Est et, quand bien même cet avertissement nous semble un brin prématuré, il ne devrait pas être pris à la légère. Nous n’observons, par ailleurs, aucun signe de faiblesse générale à L’Est ni en Chine. Mais si là-bas le vent venait à tourner, le ciel serait alors encore plus plombé.
Donc in fine la lumière pourrait donc ne percer la sombre masse nuageuse que lorsque celle-ci commencera à se dissiper. A ce moment-là, il sera bon de ne pas oublier que l’éblouissement peut frapper ceux qui tentent d’apercevoir le soleil trop rapidement.
Pour autant, et pour ceux qui sont optimistes, la vraie valeur est celle qui est tapie dans des secteurs sans problèmes structurels. Ce qui signifie qu’il convient de s’abriter du secteur financier en tant que tel. Même si celui recèle néanmoins naturellement encore quelques pépites.
Geert Noels
Economiste en Chef de Petercam
14/04/08