En avant, Mars ?

Jusqu’à présent, à vrai dire, on n’a pu observer aucun rallye de répit, en dépit du sentiment déprimé des investisseurs et de bon nombre d’indices survendus qui auraient pu déclencher quelque mouvement. Faut-il pourtant rappeler que les nouvelles économiques n’ont pas été aussi mauvaises qu’on pouvait s’y attendre… Du reste, quand bien même les chiffres du PIB et de l’inflation pourraient statistiquement être quelque peu faussés, les indices de sentiment comme ceux de l’étude américaine ISM, avec son long et crédible historique, sont sans appel. Dès lors, il faut bien reconnaître que la chute récente de cet indice sous la barre des 50 indique clairement une contraction de l’économie américaine. Donc, pour résumer, disons que la situation aux Etats-Unis n’est pas bonne sans être pour autant catastrophique.

Les informations en provenance du secteur financier restent cependant sombres et perturbées. De nouvelles dépréciations sont rapportées alors même que le nombre des forclusions (saisies des biens hypothéqués) est en hausse et que d’autres segments du marché du crédit font état de dépressions grandissantes. Pour leur part, les investisseurs n’arrivent pas à se persuader que tous les lièvres touchant le secteur financiers aient été soulevés…

Dans ce contexte, avant que les marchés n’arrivent à se reprendre, de l’eau pourrait couler sous les ponts. Pour l’instant, les marchés d’actions sont, eux, comme figés. « L’argent chaud » - qui d’ordinaire est le conducteur d’un rallye dit de soulagement - est aux abonnés absents, alors que les investisseurs qui se basent sur les fondamentaux préfèrent jouer la patience.

Geert Noels

Economiste en Chef de Petercam
04 mars 2008

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