En mai, vendre (les financières) puis prendre l’air

Le crash spectaculaire de la Bourse chinoise auquel nous avons assisté récemment en est une illustration éclatante.
Après un rallye affichant une performance de plus de 350% en seulement 18 mois, cette place boursière a désormais perdu 50% (oui, la moitié, vous avez bien lu !) de sa valeur. C’est une belle performance, dans l’autre sens, qui éclipse la correction survenue en même temps sur les marchés européens, la rendant, à son échelle, en quelque sorte.

La plupart des investisseurs considéreront pourtant comme bienvenue cette correction chinoise et, après tout, « normale » après une telle ascension. Pourtant, elle pourrait bien être le prélude du ralentissement de l’économie chinoise. Un ralentissement qui, lui, n’est pas à franchement parler le bienvenu au sein de l’économie mondiale. En tout état de cause, c’est sans doute le bon moment pour nos macro-économistes pour se rendre là-bas et prendre le pouls des décideurs locaux (autorités boursières et Banque centrale).

Dans le même temps, les problèmes financiers plus proches de nous ne paraissent pas encore avoir été résolus. La Royal Bank of Scotland lève des fonds ; son homologue anglaise propose d’énormes sommes d’argent ; le taux interbancaire ne s’est pas normalisé – au contraire.

Le récent rallye a nourri l’espoir que la crise du crédit était complètement ingérée par les marchés, les valeurs financières reprenant même quelques couleurs. Nous ne partageons pas cet espoir, du moins quant aux actions bancaires. Leurs bénéfices seront sans doute révisés. En outre, le ralentissement économique et certains problèmes européens (nous avons en tête le marasme immobilier espagnol), ne sont pas encore intégrés.

Pour autant, ce rallye est néanmoins une occasion à saisir afin de reconsidérer le niveau de risque. Puisque nous approchons du mois de mai, il est de bon conseil de réduire sa position en banques pour gagner en sérénité d’esprit durant l’été. Dans quelques mois, la visibilité les concernant sera sans doute meilleure même s’il est peu probable que les valorisations des institutions qui ont été engagées dans des montages financiers complexes seront franchement meilleures.

Geert Noels
Economiste en Chef de Petercam
22/04/08

Thèmes : Partenaires

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