L’économie américaine commence bien l’année

L’économie américaine entame 2012 comme elle a clôturé 2011, avec de bons chiffres économiques. Au premier semestre 2011, les indicateurs avancés de l’économie américaine avaient fortement reculé, faisant craindre à l’été une nouvelle récession. Cette tendance à la baisse a toutefois été infléchie ces derniers mois au point de pouvoir remiser les scénarios de récession au placard. La confiance des chefs d’entreprise est repartie à la hausse et reste de ce fait bien supérieure aux niveaux de récession. L’amélioration du climat dans les entreprises se reflète également sur le marché du travail où le nombre de demandes d’allocations de chômage continue à diminuer. Un élément qui, avec d’autres indicateurs avancés prometteurs du marché du travail, suggère que le moteur des emplois remonte progressivement dans les tours. Qui plus est, l’inflation amorce actuellement un net recul. Après avoir culminé à 3,9 % en septembre, elle est aujourd’hui retombée à 3,4 % et devrait repasser sous les 2 % dans les prochains mois. De quoi soutenir le pouvoir d’achat des ménages. Enfin, même le marché de l’immobilier commence à émettre des signaux positifs, le nombre de demandes de permis de bâtir ayant déjà augmenté de quelque 30 % ces derniers mois par rapport aux niveaux extrêmement faibles de début 2011. Même s’il est encore trop tôt pour parler d’un redressement énergique, il semble que la correction sur le marché de l’immobilier pourrait bientôt ne plus être qu’un mauvais souvenir.
L’économie américaine est donc à nouveau sur la bonne voie, mais plusieurs obstacles subsistent. Toute l’économie reste ainsi confrontée à une montagne de dettes bien trop élevée. Celle-ci devra encore être réduite dans les prochains trimestres (et même années), ce qui pèsera sur l’activité économique. Le secteur privé a déjà effectué plusieurs pas importants dans ce domaine. Reste à voir maintenant ce que le gouvernement entreprendra de son côté en 2012. Il a encore été décidé fin décembre de prolonger de deux mois quelques mesures de relance arrivant à échéance. Cela permettra d’éviter le choc négatif qu’aurait provoqué le retrait de ces mesures, mais ce choc reste une menace pour début mars et la question qui se pose est de savoir si l’économie est prête à l’encaisser.
Le pétrole pourrait également venir gâcher la fête. En raison de l’incertitude croissante quant aux intentions de l’Iran, son cours est reparti à la hausse ces derniers jours. Un envenimement de la situation dans la région pourrait provoquer une hausse spectaculaire du cours du pétrole et plonger alors presque à coup sûr l’économie dans une nouvelle récession. Enfin, difficile d’évaluer l’impact de la crise de la zone euro sur les États-Unis. Même si les répercussions devraient rester limitées tant que la crise de la zone euro restera sous contrôle, la situation européenne n’en est pas moins suivie avec inquiétude aux États-Unis.
Globalement, l’économie américaine a donc entamé la nouvelle année sur une note prometteuse, mais les risques politiques et externes continuent à faire de l’ombre à la reprise progressive. La principale question à moyen terme consiste à savoir comment les États-Unis parviendront à se défaire de leur accoutumance aux stimuli. Le passage d’une politique monétaire et budgétaire extrêmement souple à une politique plus neutre restera un défi majeur pour les prochaines années. Mais à court terme, les États-Unis devraient encore nous valoir un certain nombre de nouvelles positives
© Le Comptoir Français de Petercam
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