L’économie chinoise ralentit

Voici près de trois ans, la Chine sortait de la « Grande Récession » et entamait sa marche en avant. Une marche en avant assurément impressionnante avec une croissance moyenne de près de 10% ! Depuis le début de l’année dernière toutefois, la croissance a perdu progressivement de sa vigueur avec, pour le quatrième trimestre 2011, une croissance de 8,9%. Bien sûr, ce chiffre est meilleur que ne le laissaient augurer certains indicateurs avancés. La baisse de la confiance des sociétés et des ménages ces dernier mois suggérait ainsi plutôt une croissance aux alentours de 8%.

Malgré cette légère sous-estimation, il est toutefois pratiquement certain que l’économie chinoise ralentira encore dans les prochains mois pour s’approcher de ce chiffre de croissance. En raison du précédent resserrement monétaire, du climat de récession en Europe et de l’économie toujours vulnérable aux États-Unis, la croissance ne devrait donc pas renouer de sitôt avec les sommets (au regard des normes chinoises). La bonne nouvelle est toutefois que l’économie chinoise a les moyens de soutenir l’économie en phase de ralentissement, tant sur le plan monétaire que budgétaire.

En fait, la Chine avait déjà donné l’impulsion à une politique monétaire plus souple à court terme le mois dernier. A travers un premier abaissement des exigences en matière de réserves des banques commerciales auprès de la Banque centrale chinoise, les autorités chinoises montrent qu’elles sont attentives à l’impact négatif de la croissance (nettement) insuffisante dans le monde occidental. Il est par ailleurs pratiquement certain que cette première étape annonce une politique monétaire plus souple à court terme. Le redressement impressionnant de la Chine au sortir de la crise de 2008-2009 et la pression inflationniste qui en a découlé (passage d’une déflation en 2009 à une inflation de 6,5% à l’été 2011) ont déjà provoqué une nette différence de politique monétaire par rapport aux Etats-Unis et à l’Europe. A l’inverse des taux d’intérêt historiquement faibles dans ces régions, la Banque centrale chinoise a, elle, dans le même temps déjà relevé ses taux de 5,31 à 6,56 % en cinq étapes. Ce cycle de resserrement monétaire est donc aujourd’hui arrivé à son terme. Le refroidissement de l’inflation ces derniers mois (jusqu’à 4,1% en décembre) offre la possibilité aux autorités monétaires d’assouplir encore les exigences de réserves pour les banques et dans le même temps d’abaisser les taux directeurs. Cet assouplissement monétaire ne s’annonce toutefois pas radical mais plutôt progressif et réactif. La situation économique en Occident jouera encore un rôle important dans le processus décisionnel en vertu de la dépendance toujours grande de l’économie chinoise aux exportations.

La Chine dispose également encore d’une importante marge de manœuvre sur le plan budgétaire pour stimuler l’économie. Avec une dette publique à peine supérieure à 20% du PIB et un petit déficit budgétaire, la situation budgétaire reste à ce stade sous contrôle. Pourtant, la Chine devra elle aussi certainement adopter de (lourdes) mesures budgétaires, mais dans une seconde phase et uniquement si les risques mondiaux comme la situation dans la zone euro devaient faire plonger totalement la conjoncture mondiale.

En attendant, elle garde ces munitions budgétaires précieusement en réserve.

© Le Comptoir Français de Petercam

Thèmes : Finance-Economie

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