L’économie mondiale reprend des couleurs
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L’ économie mondiale a clairement ralenti en 2011. Principalement pendant l’été, au plus fort des craintes de récession aux États-Unis et d’atterrissage en catastrophe dans les économies émergentes. Depuis, toute l’Europe ou presque est tombée en récession et l’activité économique au Brésil est passée au point mort. Pourtant, plusieurs signaux semblent indiquer depuis quelques semaines que le pire pour l’économie mondiale pourrait bien être derrière nous. Les ventes mondiales de semi-conducteurs, un important indicateur avancé pour l’économie mondiale, se sont ainsi quelque peu redressées ces derniers mois et les indicateurs de confiance américains sont également repartis à la hausse, remisant les scénarios de récession aux États-Unis au frigo. Les premiers signes de rétablissement sont également réapparus en Asie et l’Allemagne a laissé apparaître quelques (minuscules) lueurs d’espoir, même si les nouvelles en Europe sont restées majoritairement sombres.
Ce revirement positif est surtout lié aux décisions politiques prises dans les principales régions économiques. Aux États-Unis tout d’abord, tout semble indiquer que les douloureuses décisions sur les finances publiques devraient être reportées au-delà des élections présidentielles. Le gouvernement américain devrait encore afficher un déficit correspondant à plus de 8 % du PIB, alors que la dette file à toute allure vers les 100 %. Un resserrement sensible de la politique budgétaire s’impose donc, ce qui ne sera pas sans conséquences pour l’économie. Néanmoins, cette décision ne doit guère être attendue avant 2013 au plus tôt.
Plusieurs décisions politiques ont également favorisé une embellie des perspectives dans les économies émergentes. Le ralentissement de la croissance en 2011 et, surtout, le net refroidissement sur le front de l’inflation ces derniers mois ont ouvert la porte à un revirement en matière de politique monétaire. Si l’accent en 2010 et début 2011 a porté exclusivement sur le durcissement de la politique monétaire, il existe aujourd’hui de la marge pour un assouplissement de cette même politique. Les banquiers centraux en Chine et au Brésil s’y sont déjà attelés et les prochains mois devraient encore nous valoir des nouvelles en ce sens. Autant de mesures qui devraient soutenir l’activité économique en 2012.
Les banquiers centraux européens ont également été porteurs de bonnes nouvelles ces derniers mois. La décision de la BCE de doter les banques européennes de liquidités illimitées a écarté le danger d’une crise aiguë du système financier dans la zone euro. Et une nouvelle opération d’injections de liquidités fin février donnera encore un peu plus d’oxygène aux banques européennes.Toutes ces décisions politiques devraient au final contribuer au maintien des signaux positifs au cours des prochains mois.
Si les récentes décisions ont provoqué une nette amélioration des perspectives économiques à court terme, cela ne veut pas dire pour autant que les vrais problèmes ont été résolus. Aux États-Unis, la situation intenable des finances publiques devra être abordée tôt ou tard avec de lourdes mesures d’économies à la clé. En Asie, rien ne permet d’affirmer avec certitude que le risque de surchauffe et de bulles a été totalement conjuré par le bref resserrement monétaire. Et en Europe enfin, les injections massives de liquidités ne constituent pas une solution aux problèmes sous-jacents de la zone euro.
Tous ces problèmes structurels reviendront inévitablement sur le tapis à terme, mais pour 2012, les décideurs politiques se sont offert un petit répit conjoncturel.
© Le Comptoir Français de Petercam
