L’économie mondiale se maintiendra-t-elle à flots ?
Jusqu’à présent, la crise a été dominée par les problèmes rencontrés par le secteur financier. La crise du crédit, on l’a déjà souligné, a fait tache d’huile sur le monde bancaire puis s’est muée en une crise systémique et ce, avec un effet domino combiné des subprimes, des CDO’s, des produits dérivés structurés et des produits à haut rendement.
Partons désormais du principe qu’il existe un consensus sur deux points : d’une part, les Etats-Unis sont sur la voie d’une récession ; d’autre part, nous sommes confrontés à une crise sans précédent au sein du secteur financier. En revanche, là où il y a divergence d’analyses, c’est sur le rythme de l’économie mondiale : ralentissement ou sur-place ? C’est en fait la question clé pour tous les investisseurs et, malheureusement, il n’y a pas de réponse tranchée à son sujet. De nombreux éléments entrent en effet en jeu.
Pour commencer, l’économie chinoise gardera-telle sa forme olympique…jusqu’aux Jeux ? Il y a bon nombre de chance que ce sera le cas, en dépit pourtant d’un hiver particulièrement rude. Deuxièmement, les sociétés pourront-elles supporter des conditions de financement de plus en plus difficiles et coûteuses ? Une fois encore, la réponse n’est pas simple. Bon nombre d’entreprises ont encore de confortables cash-flows et un faible niveau d’endettement.
En réalité, elles sont en bien meilleur forme que durant les précédents retournements de conjoncture. Par contre, ceux qui ont gonflé leur bilan en utilisant ces véhicules financiers sophistiqués pourraient devoir faire face à des financements plus onéreux. Mais, globalement, en fin de compte, le crédit plus cher constitue davantage un problème pour les ménages que pour les entreprises.
Ce sera peut-être juste, mais l’économie mondiale pourrait encore éviter une récession. Si tel était le cas, certaines actions vont commencer à montrer leur valeur sur le long terme. Mais comme nous le savons tous cependant, elles pourraient montrer encore plus de valeur dans quelques mois…
Geert Noels
Economiste en Chef de Petercam
12/02/2008