La Banque Centrale japonaise opte aussi pour l’assouplissement
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Soutenue par l’activité de reconstruction après la terrible catastrophe naturelle du printemps, l’économie japonaise s’est solidement redressée dans le courant de l’été 2011 avec une croissance alors de 7% sur base annuelle. Cette dynamique positive a hélas presque totalement disparu depuis, à tel point que l’économie s’est contractée de 2,3% sur base annuelle durant les derniers mois de l’année. Les indicateurs avancés laissent du reste apparaître une image mitigée pour l’économie japonaise qui devrait donc plus que probablement rester moribonde à court terme.
Le Japon reste confronté, au fil des fluctuations conjoncturelles, à d’importants problèmes structurels. Son économie reste ainsi sous l’emprise d’une déflation néfaste avec une inflation structurelle négative depuis près de 15 ans déjà. Pire, la déflation semble même s’être encore accentuée ces derniers mois.
Dans ces conditions, la Banque centrale japonaise a décidé cette semaine d’assouplir encore un peu plus sa politique monétaire. Car si elle maintient son taux directeur à près de 0% depuis très longtemps déjà, cela ne porte pas vraiment ses fruits pour l’économie. La Banque centrale japonaise avait déjà opté auparavant pour des mesures monétaires non conventionnelles, mais était restée relativement prudente à ce niveau. Si elle a en effet relevé son bilan de quelque 40%, la BCE et la Fed ont respectivement accentué le leur de quelque 90 et 230% ! C’est donc sans grande surprise que la Banque centrale japonaise va intensifier son programme d’achat d’obligations et lâchera aussi très probablement les brides de sa politique de stérilisation (qui limite l’impact de ces achats sur la masse monétaire totale). Par ailleurs, la banque centrale a enfin fait de son objectif implicite d’inflation un objectif explicite. Le Japon vise ainsi une inflation de 1%, un objectif qui ouvre la porte à de nouveaux incitants monétaires. En effet, sur les douze derniers mois, l’inflation structurelle a été de - 1,1% et l’intensification annoncée du programme d’achat d’obligations sera presque à coup sûr insuffisante pour atteindre l’objectif. Tant que l’inflation ne sera pas portée à + 1%, la banque centrale devra dès lors accentuer ses efforts. De nouvelles initiatives peuvent donc encore être attendues dans les prochains mois, initiatives qui mettront très probablement le yen sous pression.
Le Japon se joint ainsi à la fête internationale des liquidités. La BCE lancera dans deux semaines une nouvelle opération d’injection illimitée de liquidités pour le secteur financier européen, alors que partout dans la région émergente, les banquiers centraux mettent le cap sur l’assouplissement monétaire. De son côté, la Fed a certes confirmé cette semaine qu’elle ne ferait pas d’efforts supplémentaires à court terme, mais elle ne fait rien non plus pour refouler la précédente vague massive de liquidités. Même s’il n’apporte que peu de solutions structurelles, l’apport mondial de liquidités pourra soutenir un certain temps encore le climat positif sur les marchés financiers.
Tant que le doux chant des liquidités résonnera, la fête continuera. Les inquiétudes sur la dépréciation de la monnaie, la menace inflationniste et les indispensables mesures structurelles seront pour plus tard…
© Le Comptoir Français de Petercam
