Les petits baigneurs

Cette situation a, à l’évidence, de sérieuses conséquences sur les valeurs financières. Il y a quelques mois, une des banques les plus performantes du marché était en fait ABN Amro. Elle a jeté l’éponge juste avant que ne sonne la cloche de la crise du crédit. On pourrait commencer à croire qu’ils ont vu les problèmes arriver et ont dès lors préféré maximiser la valeur de leurs actionnaires avant l’éruption de la crise.

Le tableau ci-dessous montre que les valeurs financières européennes ont été entraînées dans le maelström des problèmes de leurs homologues américains.

actions financières

Les déboires de Fortis et de la Société Générale n’ont stricto sensu qu’un faible rapport avec la crise du crédit aux Etats-Unis. En revanche, il commence à devenir patent que nous ne sommes pas face à un « simple » effondrement juste lié à la crise du subprime. En réalité, c’est le modèle bancaire dans son ensemble, usant et abusant des techniques de levier, sous-estimant à outrance les risques, les mutualisant pour les transférer, qui est maintenant remis en question.

Les crises précédentes avaient montré que des opportunités d’achat pouvaient émerger au cœur de la tourmente. Aujourd’hui toutefois, il semble bien téméraire de croire que tous les problèmes aient été débusqués. D’autres dépréciations - et plus particulièrement celles, au sein des portefeuilles, liées aux CDOs - pourraient causer une 5e vague de pression sur les actions ; même si nous devons avouer que nous nous sentons plutôt rassurés d’observer à quelle vitesse ces dépréciations ont été révélées, de même que leur montant.

Malgré tout, sur un plan économique, il y a peu de nouvelles raisons de devenir optimiste. Le flux des nouvelles en provenance du marché immobilier américain montre une détérioration persistante et ce, même après 7 trimestres négatifs. Désormais, c’est au tour des dépenses des ménages de décevoir. Même si la Fed a pu se montrer un peu trop précipitée en baissant ses taux de 75 points de base la semaine passée, le marché s’attend à une nouvelle baisse des taux (consensus à 50 points de base) lors de sa prochaine réunion.

Et de fait, ce mercredi La Fed a abaissé son taux directeur à 3%.

Geert Noels
Economiste en chef de Petercam

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