Les services dévissent
Il y a à peine quelques mois, les marchés et les Banques centrales se focalisaient essentiellement sur le risque d’inflation qui croissait, pensant que la crise du crédit causée par le chaos des emprunts subprime ne serait qu’une secousse temporaire.
Les indicateurs économiques étaient pourtant en train de montrer les faiblesses de l’économie depuis un certains temps déjà. Le moins que l’on puisse dire c’est que la situation ne s’est guère améliorée.
Le rapport sur l’emploi aux Etats-Unis, par exemple, a mis à jour une situation du marché du travail bien pire que généralement admise par les marchés et, jusqu’à présent, nous n’avons pas encore vu de sévères réductions d’emplois dans les secteurs financiers.
En revanche, les annonces de ces réductions se multiplient avec une augmentation de 69% sur une base mensuelle depuis janvier (selon l’étude Challenger Grey).
Même si l’ISM, dans son volet « produits manufacturés » s’est un petit peu repris en janvier, le fait que les sociétés soient à la recherche de moyens pour réduire leurs coûts et leurs stocks ne constitue pas exactement un signal de vigueur économique.
De surcroît, une récente enquête de la FED (loan officer survey) a révélé un resserrement significatif des conditions de prêt aux entreprises. Apparemment, les banques aux prises avec une sous-capitalisation voient là un frein pour augmenter les prêts aux entreprises. Elles augmentent même leurs marges pour des raisons de sécurité de façon telle qu’elles neutralisent ainsi l’effet positif des baisses des taux pour l’économie !
Pour empirer encore la situation, c’est non seulement le secteur des produits manufacturés qui est dans la tourmente mais également celui des services qui apparaît fragilisé. Les dernières analyses tirées du rapport de l’ISM (hors produits manufacturés) ont donné des sueurs froides aux marchés. Et pour cause, cet indice qui mesure la confiance des chefs d’entreprises a chuté à son plus bas niveau depuis le drame de 11 septembre, avec de faibles nouvelles commandes à venir et de très mauvaises perspectives en terme d’emploi. Sans surprise, le secteur financier est un des gros contributeurs de cet indice.
Si cette faiblesse venait à se confirmer dans les prochains mois, cela voudrait dire que le consommateur américain commence à ajuster ses rituels de dépenses et qu’il se prépare à une récession. Si c’est le cas, la FED a peut-être pris la bonne décision en coupant agressivement ses taux en janvier.
Mais cela, c’est l’avenir qui nous le dira.
Geert Noels
Economiste en Chef de Petercam
(05/02/2007)