Une surprenante surprise

Comme si la récession outre-Atlantique était une figure de style. On peut certes en parler mais on fait comme si elle n’existait pas dans la réalité. Et bien, cette fois-ci, elle est apparue au grand jour, tant dans Main Street qu’à Wall Street.

Il n’était pourtant pas difficile de prévoir pour les mois à venir une détérioration persistante de l’emploi américain. Or le rythme des emplois est différé de près d’un an par rapport au cycle économique (ici représenté par le chiffre de l’ISM). Ce qui veut dire que nous entrons seulement dans le second mois de croissance négative pour l’emploi et que ce constat pourrait bien perdurer.

Dans le même temps, d’autres chiffres battent tous les jours de nouveaux records : les prix du pétrole, pour ne citer qu’eux, ont atteint récemment leur plus haut niveau avec 108 dollars par baril. Ce record est à mettre en résonnance directe avec le spectre de la récession et la révision à la baisse de la demande mondiale d’hydrocarbures. Ce prix montre, à l’évidence, que quelque chose a fondamentalement changé sur les marchés de l’énergie et que ce niveau élevé est acquis pour longtemps.

Dans pareil contexte, il n’est guère aisé d’opter pour une attitude haussière envers les actions. Ce qui était sombre hier devient encore plus sombre, et il devient très ardu de trouver une ligne claire.

Si l’on peut au moins tirer une leçon du récent bouleversement boursier, c’est que la qualité a été sous-valorisée. Partant, les investisseurs seraient bien avisés de se concentrer sur cet élément.

« L’action de qualité » a sans douté été l’expression le plus galvaudée dans la sémantique boursière. Mais dans un environnement de crise du crédit et de ralentissement économique, la qualité intrinsèque d’une valeur constitue la meilleure garantie d’une forte reprise. Une fois que la clarté sera à nouveau… visible pour bien des investisseurs.

Geert Noels

Economiste en chef de Petercam
11 mars 2008

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